Tu es parti pour un petit footing de 30 minutes et au bout de 10 km, cette sensation désagréable arrive : ton pied devient complètement insensible. Tu as l’impression de courir avec une chaussette mouillée ou de marcher sur du coton. Rassurant ? Pas vraiment.
Cette sensation d’engourdissement n’est pas rare chez les coureurs, mais elle peut vite gâcher tes sorties si tu ne comprends pas d’où elle vient. Ne bouge pas, tu es au bon endroit.
Les lacets trop serrés, la cause numéro 1
Dans 70% des cas, ton problème vient de tes lacets. Quand tu serres trop fort, tu comprimes les nerfs dorsaux de ton pied. Le nerf fibulaire superficiel, qui passe juste sous le dessus de ton pied, se retrouve coincé entre ta chaussure et tes os.
Le problème, c’est qu’on a tendance à serrer plus fort quand on court longtemps, par réflexe. Ton pied gonfle légèrement pendant l’effort, et si tes lacets sont déjà limite, ça comprime encore plus. Résultat : engourdissement garanti au bout de quelques kilomètres.

Des chaussures mal adaptées qui créent des points de pression
Tes Nike ou Asics font peut-être la bonne pointure sur le papier, mais le volume de ton pied ne correspond pas forcément au volume de la chaussure. Certains coureurs ont des pieds larges dans des chaussures étroites, d’autres ont des pieds fins dans des chaussures trop voluminuses.
Les points de pression se créent alors à des endroits précis : le dessus du pied, les côtés, parfois même au niveau des orteils. Ces compressions ponctuelles perturbent la circulation sanguine et l’influx nerveux. Ton pied perd sa sensibilité progressivement, généralement après 15-20 minutes de course.
Pourquoi ça arrive plus souvent sur les longues distances ?
Sur un 5 km, tu ne ressens rien. Mais dès que tu dépasses les 10 km, l’engourdissement apparaît. C’est logique : plus tu cours longtemps, plus ton pied subit de micro-traumatismes répétés au niveau des zones de pression.
La fatigue musculaire joue aussi son rôle. Quand tes muscles stabilisateurs du pied se fatiguent, ton appui change légèrement. Tu peux développer une foulée moins stable qui accentue certains points de contact avec ta chaussure. Ce changement d’appui, même minime, suffit parfois à déclencher l’engourdissement.
Les solutions concrètes pour retrouver des sensations
La première chose à tester : desserre tes lacets. Pas juste un peu, vraiment. Tu dois pouvoir glisser un doigt sous tes lacets au niveau du dessus du pied. Si ta chaussure bouge trop, resserre uniquement au niveau du talon et garde du lâche sur le dessus.
Deuxième piste : change ta technique de laçage. Le laçage « fenêtre » fonctionne bien pour libérer la pression sur le dessus du pied. Tu laisses un espace sans croiser les lacets là où tu ressens la compression. Ça peut paraître bizarre, mais c’est redoutablement efficace.
Si le problème persiste, direction le magasin de running pour un test de volume. Beaucoup de coureurs découvrent qu’ils portent des chaussures trop étroites depuis des années. Une pointure plus large (2E ou 4E selon les marques) peut résoudre définitivement le problème.
Quand vraiment s’inquiéter ?
L’engourdissement ponctuel lié aux chaussures n’est pas grave. Mais attention aux signaux d’alarme : si ton pied reste engourdi plusieurs heures après ta sortie, si tu ressens des douleurs vives en plus de l’engourdissement, ou si ça s’accompagne de changements de couleur, consulte un podologue du sport.
Certaines pathologies comme le syndrome du tunnel tarsien peuvent provoquer des engourdissements chroniques. Mais dans 90% des cas, c’est juste un problème d’équipement qui se règle facilement.
